Elle est la doyenne des brasseries françaises. Elle s’est très tôt imposée parmi les principaux acteurs du brassage à façon pour les distilleries de single malt. Une activité annexe dont, pourtant, on parle fort peu. Allons y voir de plus près.
Cela fait 98 ans que les fans de bière connaissent par cœur son nom, son logo en forme de comète, sa pils iconique brassée à l’identique. Mais les amateurs de whisky, eux, ignorent bien souvent que Meteor – sans accents s’il vous plaît – se cache derrière nombre de single malts français, à commencer par ceux que produit l’Alsace. Par quel tour de magie ? En fournissant aux distilleries un brassin prêt à passer dans les alambics.

En Europe, seules l’Écosse et l’Indication géographique « whisky de Bretagne » obligent à brasser, fermenter et distiller un single malt au sein d’une même distillerie. Ailleurs, les 2 premières opérations peuvent le plus légalement du monde être déléguées à des tiers. En France, moult petits producteurs de whisky ont donc choisi de se procurer leur bière à distiller (préparée sans houblon, cela va sans dire) directement auprès de brasseries.

Meteor, qui identifia très tôt ce besoin, s’installa en précurseur sur ces « marchés annexes ». « Brasser pour les distilleries nous permet d’exploiter l’outil de production hors saison, d’octobre à mars quand l’activité brassicole est un peu plus calme », développe Véronique Debs, la Directrice générale adjointe de la société.
BRASSER OU DISTILLER ?
Si les distilleries de whisky artisanales rechignent parfois à s’équiper d’une unité de brassage, c’est en premier lieu pour de triviales questions de coûts. Elles hésitent également face à la nécessité d’acquérir ces nouvelles compétences, ou de salarier un brasseur à temps très partiel – par exemple, la plupart des distilleries charentaises ne dédient guère plus de 2 mois par an à la production de whisky.

Quand, au début des années 2000, les producteurs alsaciens d’eaux-de-vie de fruits commencent les uns après les autres à se diversifier dans le malt, rarissimes sont ceux qui s’équipent pour brasser et fermenter. À quoi bon, quand on a la chance d’être implanté dans l’un des berceaux brassicoles du pays ? « Chacun son métier », plaidait récemment dans Caveman Bertrand Lutt, directeur de la distillerie Miclo qui élabore les single malts Welche’s à partir de brassins Meteor. Et quoi de plus naturel que de se tourner vers la doyenne des brasseries françaises : une maison à leur image, familiale et indépendante ?
Voilà près de 4 siècles que […]
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