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Rosebank, la résurrection d’une distillerie mythique

Fermée en 1993, la célèbre place des Lowlands revient en force. Adulée par les whisky geeks, elle a annoncé son grand retour en 2017 et livre aujourd’hui un whisky âgé de 30 ans en attendant la reprise de la distillation.

1993 : les amateurs de whisky des Lowlands pleurent à chaudes larmes. Rosebank, la plus fameuse des distilleries du sud de l’Écosse, ferme ses portes, terrassée par la crise de surproduction qui, à partir de 1982, mit au rebut bon nombre d’alambics. Diageo, qui en avait fait l’un de ses fleurons en l’intégrant à sa gamme de Classic Malts, se résout à en arrêter la production.

L’histoire raconte que Rosebank était dans la balance avec Glenkinchie et que cette dernière l’a emporté parce que Rosebank était situé au bord d’un canal désaffecté peu attrayant. Comble de l’ironie, le canal de Forth & Clyde est aujourd’hui un haut lieu du tourisme écossais…

Revendue en 2002 à la société qui gère le canal, la distillerie est par la suite l’objet d’un larcin dramatique, quelques jours après Noël 2008 : les alambics sont volés par des ferrailleurs et disparaissent à tout jamais. La légende de la distillerie est entretenue grâce à quelques embouteillages très limités de vieux stocks mais ceux-ci deviennent de plus en plus rares et acquièrent rapidement le statut de licorne, introuvables et inabordables…

En 2017, 2 jours après l’annonce de la reprise de la distillation aux 2 autres mythes écossais Brora et Port Ellen, Rosebank rompt le silence et se félicite de son retour futur. Ian Macleod Distillers, déjà à la tête de Tamdhu et Glengoyne, est l’artisan de cette renaissance. Après avoir acheté le site à la société des canaux écossais, l’embouteilleur indépendant s’est porté acquéreur de la marque et du stock restant auprès de Diageo.

Un style unique

Depuis sa fermeture, Rosebank a acquis une place de choix au panthéon du whisky écossais. Michael Jackson, fameux spécialiste du whisky, affirmait d’ailleurs que s’il y avait un dieu, alors Rosebank produirait à nouveau du whisky.

Intervention divine ou pas, on ne peut que se réjouir de la reprise des opérations d’une telle légende. Mieux qu’une distillerie, Rosebank est l’incarnation d’un style, celui des Lowlands, marqué par un distillat floral et herbacé tout en délicatesse. Ian Macleod entend bien reproduire à l’identique ce distillat unique à travers une triple distillation dans des alambics à longs cols où le reflux est conséquent. Afin de procurer un supplément de caractère, les condenseurs en serpentin historiques seront également dupliqués. En novembre 2019, la reconstruction était lancée mais la pandémie a retardé les travaux et la reprise n’eut lieu que le 8 février dernier. À l’été 2022, les premières gouttes devraient couler des alambics mais il faudra attendre de longues années avant de voir arriver les premiers embouteillages de Rosebank 2.0.

En attendant, la distillerie puise dans son maigre stock de vieux jus pour livrer une version âgée de 30 ans distillée en 1990 et assemblée à partir de 62% de fûts de sherry et 38% de fûts de bourbon. Croquant et crémeux malgré son grand âge, il a gardé toute sa fraîcheur et se distingue par ses notes florales typiques. Un must qui a un prix mais que les fans se sont déjà arrachés : la grande majorité des 4 350 bouteilles ont déjà trouvé preneur mais il en reste quelques-unes en France. C’est l’heure de casser son compte épargne, ou de se contenter de rêver.

Rosebank 30 ans (70 cl, 48,6%), prix : env. 1 945 €

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