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Fontagard, du cognac au whisky

C’est confirmé qu’à Cognac s’écrivent bel et bien les prochains chapitres du whisky français.

En terres charentaises, ce bouilleur qui alimente anonymement les plus prestigieuses marques de cognac entend bien faire entendre son nom, mais dans le malt.

« Tu vois, là c’est la brasserie. » Uhu.

Je remballe mes doutes et j’opine du chef avec l’air entendu d’une mouette devant un tire-bouchon. Parce que, entre nous, « là », c’est un trou béant crevant la terre noire entre la distillerie et les chais. La cuverie en cuivre, rachetée à une brasserie allemande, attend sagement son heure (sans compter des murs et un toit) pour s’insérer « là », précisément.

Pour quelques mois encore, la distillerie fonctionne avec un moût fourni par un tiers.

« Mais on n’entend pas déléguer éternellement l’étape clef de la fermentation. C’est fondamental dans la création du profil d’un spiritueux », insiste Adrien Granchère.

Adrien a repris les rênes de la distillerie Fontagard, bouilleur pour de prestigieuses marques de cognac, derrière son père Dominique, lequel encourage avec bienveillance et amusement les dévergondages de son rejeton dans le whisky. Avec ses compères Alfred Cointreau (6e génération de ce grand nom de la gnôle) et Richard Lambert (un grand nom tout court, aucun lien de parenté avec l’autrice de ces lignes décousues cependant), ils ont foncé dans le malt après un match de rugby Écosse-France. Rien à voir avec la 3e mi-temps, du tout, plutôt avec la visite de distillerie qui a suivi.

« On s’est dit, tiens, on remplace le pressoir par un moulin et c’est pareil, le whisky et le cognac. Bon… en fait, non », ironise Adrien.

La nécessité de penser en termes de diversification a accéléré le plongeon dans le malt : aujourd’hui, le cognac déboîte tous les marchés ; « mais si demain il repartait en crise, qu’est-ce qu’on fait ? »

Toutes les terres alentour entrelacent vignes et céréales. Avec une ferme voisine, les cultures familiales couvrent 40 ha d’épis (sur 120 ha en rotation). De quoi nourrir les 10 alambics charentais serrés en rangs d’oignons, disponibles 6 mois l’an sitôt la campagne du cognac terminée.

Dans les chais, pour la plupart semi-enterrés, les fûts de sauternes, vin rouge, cognac, pineau et bourbon s’ajoutent à quelques barriques de chêne neuf. Réduction lente, à la cognaçaise, tous les 6 mois.

Sortis en 2021, enflaconnés dans leurs quilles noires, les premiers single malts, CGNC, PNDC, STRN et l’édition limitée LMBR ont bluffé les amateurs malgré leur jeunesse – avec à peine quelques degrés supplémentaires, on frôlait même la pâmoison. Et c’est confirmé qu’à Cognac s’écrivent bel et bien les prochains chapitres du whisky français.

Fontagard CGNC, PNDC, STRN (70 cl, 44%).
Prix : 47,55 et 57 €.
Distribution : L’Explorateur du goût

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